"Rester, c'est exister : mais voyager, c'est vivre." Gustave Nadaud
Dès potron-minet, nous quittons
Lijiang pour rejoindre Shangri La, la ville qui marque le début du
monde tibétain. De vastes pâturages et des montagnes aux cimes
enneigées nous entourent. Malheureusement, la ville n'a
plus rien de tibétain. Les promoteurs chinois ont débarqué !
Même la vieille ville a été refaite à l'image de Dali et Lijiang
…. pffff ! Il subsiste quand même quelques ruelles au
charme d'antan. Mais, pour nous c'était la porte d'entrée dans la région du Sichuan. Nous
souhaitions réaliser un trek dans le parc de Yading, et ensuite
rejoindre Chengdu, en traversant de nombreux villages tibétains
(Xiangcheng, Daocheng, Riwa, Litang …) hauts perchés, qui ont su
préserver leurs traditions. En plus, nous pourrons assister et peut
être participer au nouvel an tibétain. Un beau programme en
perspective …
Mais le gouvernement chinois en avait décidé
autrement ! Car en voulant acheter nos billets de bus, la
guichetière nous indique que toute la zone est interdite aux
étrangers, pour une durée indéterminée, sans

Nous prenons le premier bus pour
Qiaotou, village de départ pour le trek des gorges du saut du tigre,
un des plus célèbres trek de Chine. Son nom provient d'une
légende, celle d'un tigre qui aurait franchi d'un bond le Yangzi
pour échapper à un chasseur. Nous nous délestons de notre sac chez
Jane's guesthouse, et après un rapide déjeuner, nous débutons
notre randonnée. Nous avons de la chance, le beau temps est de la
partie. Au début nous longeons une route, puis rapidement nous
bifurquons vers un sentier et commençons notre ascension. Une vue
magnifique sur le fleuve Yangzi, aux eaux couleur jade, s'offre à
nous. Puis nous nous enfonçons dans les gorges considérées comme
les plus profondes de Chine (soi-disant les plus profondes du monde).
Nous traversons un premier village, où la population est très
souriante et très avenante. Nous avons même le droit à des
« hello ». Sur notre chemin, une mamie avec un pure
style, nous interpelle et nous tend son cahier d'écolier où il est
écrit en anglais qu'il faut soit lui faire un don ou lui acheter
quelque chose. Elle nous présente fièrement sa mallette remplie de
marijuana et d'ustensiles qui
Notre bus nous dépose sur une grande
avenue … à ce moment là, grand moment de solitude. Nous ne
savons pas où nous sommes, car la rue n'est pas sur notre plan. Nous
demandons à un taxi, de nous déposer à l'adresse d'une guest
house, il refuse et nous indique le chemin en chinois, la gestuelle
en prime. Nous sommes sauvés ! Évidemment nous nous perdons.
Nous interpellons les gens dans la rue, personne ne nous indique le
même chemin. Nous finissons par rencontrer des touristes thaïlandais
qui parlent anglais, et qui avant la tombée de la nuit, nous sauvent
la mise. Dans une ruelle de la vieille ville, nous découvrons notre
charmante guest de style Naxi. Les Naxi sont des nomades venus des
confins du nord du Tibet, ils se sont sédentarisés dans la région.
La vieille ville est un grand labyrinthe piétonnier aux ruelles
tortueuses, bordées d'anciennes maisons basses. De nombreux petits
canaux serpentent la ville. Les habitants y lavent leurs linges
tandis que d'autres s'y lavent les dents.
Réveil difficile, après notre folle
soirée en compagnie de notre ami chinois ! Nous sautons dans un taxi
direction la gare routière où nous trouvons aisément notre bus
pour Dali … C'était presque trop facile ! La ville de Dali
est cernée par les montagnes Cangshan et le lac Erhai. Les habitants
de cette région sont en majorité des Bai, un peuple qui se serait
installé dans la région il y a trois millénaires. La vieille ville
a été quasiment reconstruite dans le style de l'époque. Elle est
entourée par des remparts et possède des ruelles pavées et des
portes médiévales.
Malheureusement c'est
devenu un disneyland chinois. De nombreux magasins vendent les mêmes
3 heures du matin … le réveil sonne,
dans quelques heures, nous serons en Chine. Quelle excitation !!!
Nous sautons dans un taxi pour l'aéroport. Celui-ci n'est même pas
ouvert, pour notre arrivée. La zen attitude prédomine aussi à
l'aéroport. Après un rapide contrôle à la laotienne, enfin nous
embarquons. Direction l'Empire du Milieu, à Kunming, la capitale du
Yunnan, surnommée la cité de l'éternel printemps pour la clémence
de son climat. En sortant de l'avion, passage obligatoire par la
redoutable douane chinoise. En voyant nos passeports français, le
douanier s'est senti obligé de faire un excès de zèle, en nous
posant diverses questions et en examinant minutieusement nos
passeports, pendant de longues minutes. Pour enfin, nous faire
un grand sourire en nous disant : « Welcome in
China ». Nous récupérons nos bagages, et échangeons quelques
dollars en RMB (Yuan). Après avoir déjoué la fameuse arnaque au
faux taxi, nous patientons un long moment pour en avoir un, car ils
sont nombreux ces chinois, en espérant que notre chauffeur
comprendrait l'adresse de notre guest house. Heureusement, l'adresse
est écrite en chinois. Il nous dépose, et première difficulté
avec le gérant qui ne parle pas un mot d'anglais et nous pas un mot
de chinois. Dans la bonne humeur, nous arrivons à nous comprendre
par gestes … en même temps rien de compliqué, nous voulons juste
une chambre ... Mais cela donne le ton pour la suite. Nous décidons
de nous aventurer tout de suite dans cette petite ville d'un million
d'habitants.
Nous quittons, un peu à reculons, le
Cambodge pour le Laos. Un long trajet nous attend jusqu'à Pakse. Au
petit matin, nous prenons un mini van, lequel, pour une fois n'est pas plein à craquer. Nous faisons la rencontre de
Charles et Lisa qui commencent leur tour du monde. Premier changement à
Stung Trend (Laos), où nous poireautons un bon moment avant d'avoir un
autre bus. Car l'organisation est toujours au top. Nous n'avons pas
de billet, mais nous avons déjà réglé notre trajet. Et à chaque
étape, c'est tout un roman pour leur expliquer que nous avons déjà
payé. Donc après 3 heures d'attente, deux motos arrivent pour nous
conduire sur une nationale où passe le bus. On nous propose tout de
suite, pour 5 $ chacun au lieu de 4, de gérer les formalités de
visa pour le passage de frontière. Nous acceptons et donnons nos
passeports avec les 10 $. Chose assez incroyable, au passage de la
frontière, nous n'avons même pas besoin de descendre du bus pour
montrer notre bouille. Les douaniers tamponnent les passeports, à la chaîne, et repartent tranquillement jouer à la pétanque (très populaire au Laos). Enora
qui s'était endormie, ne s'est même pas rendue compte du changement
de pays. Nous faisons un nouvel arrêt, aux 4000 îles, certains passagers descendent. Nous avions décidé de ne pas nous arrêter, car
nous craignions que ce soit le summum de la cool attitude. En fin de soirée, nous arrivons à Pakse. En écumant les
guesthouses, nous retrouvons par hasard René et Julia, un couple
allemand avec qui nous avions sympathisé en Birmanie.
Nous fêtons
nos retrouvailles, et décidons de parcourir ensemble, le plateau
Boloven. Malheureusement, le lendemain matin, impossible
Nous disons adieux à la Thaïlande. A la sortie du train, nous faisons la connaissance de Bastien, qui pour voyager a vendu son entreprise florissante. Nous partageons un tuk tuk et évitons la première arnaque Thaïlandaise, une fausse douane qui vendait des visas Cambodgiens. Une fois la frontière passée, et notre visa en poche, nous nous attendons à la fête de l'arnaque. Et bien même pas ! Bien au contraire. Une navette gratuite, nous dépose à la station de bus. Le prix du bus est raisonnable, et une fois arrivés à Siem Reap, on nous propose un transport gratuit jusqu'à un hôtel de notre choix. Chapeau bas les Cambodgiens ! Nous nous installons dans une chambre super sympa à un prix défiant toutes concurrences. Mieux qu'en Thaïlande ! Et surtout leurs Milk-shakes sont encore plus délicieux que ceux dégustés à Bangkok. Pour ce premier soir, nous goûtons des spécialités Khmers, et surprise, elles sont servies avec de la baguette !!!! Nous n'allons pas tout de suite visiter Angkor, mais nous en profitons pour nous faire plaisir en achetant de la baguette, du fromage, de la charcuterie, des pâtisseries … un pur bonheur de pouvoir retrouver nos spécialités. C'était divin ! Car toutes ces saveurs commençaient vraiment à nous manquer. Nous en rêvions même la nuit … c'est pour dire ...
Nous quittons le merveilleux peuple Birman, sans avoir tout visité. D'une part parce que notre état physique nous a contraints à annuler les trekkings. Et d'autre part, plusieurs régions ne sont accessibles qu'en avion, donc circuits trop onéreux pour nous. Nous souhaitions visiter le site archéologique de Mrauk U, et aller à Kengtung, la capitale de la région du triangle d'or, puis faire une randonnée autour de Putao jusqu'au Phon Kan Razi, limite la plus orientale de la chaîne himalayenne, et découvrir l'archipel de Myeik, habité par les Moken, appelés les gitans de la mer.